À propos du taoïsme

Le taoïsme est une religion originaire de Chine. Ses doctrines fondamentales s'articulent autour du concept du « Tao », constituant un système idéologique complet qui englobe l'origine de l'univers, la valeur de la vie, la voie de la cultivation et les principes de conduite. Son essence peut se résumer en quatre dimensions interdépendantes.

I. Le « Tao » comme foi suprême : l’origine ultime de l’univers et de la vie
Le « Tao » est le point de départ et le cœur de la doctrine taoïste, imprégnant tous les textes et toutes les pratiques. Ses connotations dépassent largement son sens littéral et peuvent être comprises à trois niveaux :

  • L'origine et la loi de l'univers
    Le taoïsme affirme que le Tao est la réalité ultime, antérieure à toute chose dans l'univers. Il s'agit d'une existence absolue, sans forme ni parole, qui transcende le temps et l'espace. Comme l'indique le Tao Te Ching : « Le Tao engendre l'un, l'un engendre le deux, le deux engendre le trois, et le trois engendre toutes choses. » Cela signifie que le Tao est la source de toute chose dans l'univers, y compris le ciel et la terre, le soleil et la lune, les étoiles et les êtres humains, qui tous émergent du Tao. De plus, le Tao est aussi la loi inhérente qui régit le fonctionnement de toute chose. Par exemple, le changement des saisons, l'alternance du jour et de la nuit, et le cycle de la naissance, du vieillissement, de la maladie et de la mort obéissent tous à l'ordre du Tao, ce qui explique pourquoi « le Tao suit la nature » ​​(le terme « nature » ​​désignant ici la nature et les lois inhérentes aux choses, et non le sens strict de « monde naturel »).
  • L'essence et la destination de la vie
    Le taoïsme considère que l'essence de la vie humaine est la manifestation du Tao. Les êtres humains sont formés par l'agrégation du Qi (concept fondamental du taoïsme, désignant la substance subtile qui constitue toute chose), généré par le Tao. Le processus de la vie est l'action et la transformation du Qi. Par conséquent, le but ultime de la cultivation est d'atteindre le Tao, c'est-à-dire de ramener la vie à l'origine du Tao et de réaliser l'union avec lui, en transcendant les limitations de la vie et de la mort (non seulement la vie éternelle, mais plus important encore, l'éternité spirituelle et la liberté).
  • Le symbole central de la foi
    Le taoïsme vénère Lao Tseu comme le « Seigneur Suprême » (personnification du Tao) et considère le Tao Te Ching comme l'Écriture fondamentale qui expose le Tao. Cependant, il n'assimile pas le Tao à une divinité personnelle, mais souligne sa transcendance et son universalité. Il est à la fois présent en toute chose et la transcende. Il est la vérité ultime que les croyants doivent appréhender par le cœur et la pratique.

II. « Respecter le Tao et valoriser la vertu » : L’unité de la foi et de la morale
Le taoïsme associe étroitement le « Tao » à la « vertu », proposant que le « respect du Tao » doive s'accompagner de la « valorisation de la vertu ». La « vertu » est la manifestation spécifique du « Tao » en toutes choses (en particulier chez les humains) et constitue la fonction et l'effet du « Tao » :

  • La connotation de « vertu » :
    La vertu n'est pas simplement une norme morale, mais l'adhésion et la mise en pratique du Tao par l'être humain. Envers l'univers, il faut respecter la nature et suivre ses lois (la vertu du ciel et de la terre) ; envers autrui, il faut pratiquer la compassion, l'intégrité, la tolérance et la frugalité (la vertu des relations humaines) ; et envers soi-même, il faut cultiver l'esprit et maintenir sa pureté (la vertu de l'esprit et de la nature). Le Tao Te Ching affirme : « La plus grande bonté est comme l'eau » (considérant la capacité de l'eau à « profiter à toute chose sans conflit » comme la vertu suprême) et « Une famille qui accumule les bonnes actions sera assurément comblée de bénédictions », ce qui constitue une interprétation fondamentale de la vertu.
  • La pratique du « respect du Tao et de la valorisation de la vertu » :
    Le taoïsme considère la vertu comme le fondement de l'atteinte du Tao. Sans cultiver la vertu, même en s'adonnant à la préservation de la santé et aux techniques de cultivation, il est impossible de s'harmoniser avec l'essence du Tao. Ainsi, les préceptes taoïstes (tels que les Dix Bonnes Actions et les Huit Préceptes), ainsi que les normes de comportement quotidiennes (comme ne pas tuer, ne pas mentir et aider les pauvres et les faibles), sont essentiellement des pratiques visant à valoriser la vertu. Le but est de purifier l'esprit par la cultivation morale et de jeter les bases de l'éveil.

III. « Mon destin est entre mes mains, non au ciel » : La vision autonome de la culture de la vie
L'une des caractéristiques fondamentales du taoïsme qui le distingue des autres religions est son insistance sur « l'autonomie de la vie », s'opposant au fatalisme passif et prônant la culture active de la valeur de la vie par la pratique :

  • Compréhension de la « vie et de la mort »
    Le taoïsme ne considère pas la mort comme la fin de la vie, mais la perçoit comme un cycle de Qi. La vie est l'accumulation du Qi, et la mort sa dispersion. Cependant, par la cultivation (notamment la cultivation morale, les techniques de préservation de la santé et l'alchimie interne), il est possible de réguler son Qi, de retarder sa dispersion et même d'atteindre la longévité (qui englobe ici non seulement la santé et la longévité du corps, mais aussi la transcendance du plan spirituel, c'est-à-dire le royaume de l'immortalité). Dans le taoïsme, les immortels ne sont pas des divinités, mais plutôt un titre désignant ceux qui ont atteint le Tao, représentant un état de liberté où la vie est en harmonie avec le Tao.
  • La voie de la culture
    Cette « autonomie de vie » n’est pas une quête aveugle de la « longévité », mais repose sur le « suivi du Tao » :
    - Le fondement est de « cultiver la vertu », d'accumuler « le mérite et la vertu » par de bonnes actions et de purifier l'esprit ;
    - L'essentiel est de « cultiver le corps », par la préservation de la santé (comme les exercices guidés, le Tai Chi et la régulation alimentaire), la culture de l'esprit (comme « oublier soi-même » et « préserver la tranquillité », éliminer les distractions et comprendre le Tao), et l'alchimie interne (utiliser le corps comme un « creuset », réguler « l'essence, l'énergie et l'esprit » pour atteindre l'unité du corps et de l'esprit), afin d'atteindre l'harmonie et la sublimation du corps et de l'esprit ;
    - L'objectif est d'« atteindre le Tao », c'est-à-dire de comprendre l'essence du Tao, de réaliser l'unité de la vie et du Tao, de se libérer des contraintes extérieures (telles que la vie et la mort, les désirs) et d'acquérir la liberté spirituelle.

IV. « L’unité du Ciel et de l’Humanité » : La vision de l’harmonie entre les humains, la nature et la société

« L’unité du Ciel et de l’Humanité » constitue le fondement de la compréhension du taoïsme concernant la relation entre l’univers, les humains et la société, et représente également un critère important pour sa pratique et son développement :

  • Harmonie entre l'homme et la nature
    Le taoïsme considère l'être humain comme faisant partie intégrante de la nature (« L'être humain suit la terre, la terre suit le ciel, le ciel suit le Tao et le Tao suit la nature »), et la relation entre l'être humain et la nature n'est pas conflictuelle, mais homologue et structurellement semblable. Le corps humain correspond à l'univers (par exemple, « la tête est ronde comme le ciel, les pieds sont carrés comme la terre »), et la circulation du sang et de l'énergie est en harmonie avec le cycle des saisons. Par conséquent, l'être humain se doit de respecter les lois de la nature : ne pas abattre les forêts sans discernement, ne pas tuer sans discernement les êtres vivants (un prolongement de la philosophie du respect de la vie), et même faire l'expérience du Tao en se rapprochant de la nature (par exemple, en vivant en ermite dans les montagnes et les forêts, en observant la nature) et atteindre une harmonie avec elle.
  • Harmonie entre les humains et la société
    L'unité du Ciel et de l'Humanité s'étend également au niveau social. Le taoïsme prône un ordre social qui imite la non-action naturelle du Tao. Les dirigeants doivent gouverner par la non-action (ne pas intervenir de force dans la vie des individus et laisser la société se développer naturellement), et le peuple doit se contenter de ce qu'il possède (ne pas rechercher avidement des avantages excessifs et réduire les conflits), pour parvenir à l'harmonie et à la stabilité sociales. Cette idée se reflète dans la conduite personnelle, qui consiste à se fondre dans le monde (selon le Tao Te Ching), c'est-à-dire à ne pas être ostentatoire ni obstiné, à vivre en harmonie avec autrui et la société, et à pratiquer le Tao au quotidien.

En résumé, le taoïsme, avec le Tao en son cœur, unit la vision morale du respect du Tao et de la valorisation de la vertu, la conception de la vie selon laquelle « mon destin est entre mes mains » et la vision harmonieuse de l'unité du ciel et de l'humanité, menant ultimement à la quête du Tao et à l'immortalité (la liberté spirituelle et la transcendance de l'existence). Il offre également aux croyants un système idéologique complet pour comprendre l'univers, donner un sens à leur vie et interagir avec le monde.

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